qu'est-ce que l'Islam ?






"Voilà la religion de la droiture mais la majeure partie des hommes ne le savent pas." S.30 v.30

A l’heure actuelle, on constate que le désir de connaître l'Islam n'est pas seulement l’affaire des non-musulmans même si, on s’aperçoit qu’ils s'interrogent de plus en plus face à cette religion, qui rassemble autant qu’elle angoisse. Cette quête de connaissance anime aussi tous ceux et celles qui, même en tant que musulman, rencontrent des difficultés pour trouver leur voie face aux multiples paradoxes et contradictions assimilés à cette religion. En outre, l'islam, victime d’attaques de ses dissidents et objet d'instrumentalisation par ses propres partisans, est souvent mal perçu. C’est pourquoi, si l’on désire saisir les fondements et la finalité de cette religion, il faut avant tout s’accorder sur un principe de base : ne pas faire l’amalgame entre l'Islam et les musulmans. En effet, l'Islam est clair dans ses fondements et ses enseignements tandis que les musulmans peuvent s’éloigner par leurs actes des préceptes et ce, malgré leur adhésion. En somme, tout musulman ne peut être considéré comme l’ambassadeur de sa religion. Si nous nous accordons sur ce principe nous pourrons juger de manière objective, en s’abstenant de condamner l'islam par rapport aux agissements des musulmans. Seuls les dogmes et préceptes de cette religion doivent être pris en compte pour répondre aux interrogations.
Par la volonté d'Allah, nous allons exposer quelques grandes lignes de ses fondements en espérant qu'au terme de cet article la dimension spirituelle, humaine et morale de l’islam sera rétablie.

"Dis certes mon Seigneur m’a guidé vers un chemin droit, une religion droite, la voie d’Abraham, le soumis exclusivement à Allah ; et il n'était point parmi les associateurs. Dis en vérité ma prière, ma dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Allah, Seigneur de l'univers, à lui nul associé, voilà ce qu'il m’a ordonné et je suis le premier à me soumettre". S.6 v.161-163

L'islam : un mode de vie.
L'islam, à travers ses recommandations, ses principes, ses règles, ses enseignements et sa lumière n'est rien d'autre qu’une divine école pédagogique et éducative dont le but se résume à inculquer à l'homme le discernement entre la raison et les émotions. En d’autre terme, l’islam oriente vers l’humanisme. Effectivement, la seule obligation de l'homme est d'être humain. Notre bien-aimé le Prophète l’illustre lorsqu'il dit: « le meilleur des Hommes est le plus utile pour les Hommes et la meilleure des actions, c'est une joie que tu fais pénétrer dans la poitrine d'un homme ». (Tabrani)

Sans prétention, on peut affirmer que l’islam à travers ses valeurs, qui sont celles du divin, incarne le bien et met en garde contre le mal. Le croyant, quant à lui, est celui qui prend parti pour la vérité jusqu'à ce que celle-ci triomphe face au mal. " Et dis la vérité est venue et l'erreur a disparu car l'erreur est destinée à disparaître". S.17 v.81

Les interdits le paradis et l'enfer.

Malheureusement, ce que l'on retient souvent de l'islam sont ces notions de paradis et d’enfer très souvent mal interprétées. La preuve en est : quand le pécheur a besoin de pardon on lui parle d'enfer, a contrario quand la victime réclame son droit légitime on l'endort avec des promesses de paradis....
Et au final, les interdits qui ne représentent que moins d'un quart du dixième de l'Islam constituent l’essentiel. D’ailleurs, les conséquences ne tardent pas à apparaître au travers de l’éloignement et de l’accablement du croyant. Ceci en opposition totale à la parole de notre maître le Prophète qui disait: "facilitez et ne rendez pas difficile la religion, annoncer la bonne nouvelle et ne faites pas fuir." (Muslim)
Il faut restituer au paradis et à l’enfer la fonction que le Seigneur a voulu leur donner. Dans le cheminement spirituel, rien n'est plus grave pour un Homme que de s'adonner au culte uniquement par désir pour le paradis et crainte pour l'enfer. En réalité, le croyant doit aimer le paradis et le désirer parce que celui-ci symbolise la satisfaction et la gratitude de son Maître. A l’inverse, il doit craindre l'enfer parce que celui-ci représente la demeure de celui qui a suscité l'insatisfaction et le mécontentement du divin. Comme dit le Prophète, le vrai croyant n'est pas celui qui concourt vers le paradis car : "tous ceux qui ont dans leur poitrine ne serait-ce qu’un atome de foi en Allah se retrouveront au paradis" (Boukhari), ce qui nous renvoie à la parole d'un grand maître spirituel qui disait: "je n'ai nul besoin du paradis de la honte". On comprend par cette formule « Le paradis de la honte » celui que l'on intègre seulement après mille blâmes et reproches. Les vrai pieux sont ceux qui dans leur quête du Tout- Puissant ne se laissent pas distraire par les bienfaits de ce dernier.
A ce propos, mille miséricordes à la sainte Rabia al Adawiya, qui au sommet de son rayonnement intérieur déclara: "J'aurai souhaité que ne puisse exister ni l'enfer ni le paradis afin que les Hommes, au lieu de s'adonner au culte par désir pour l'un et crainte pour l'autre ne s'y adonne que par pur amour pour le Créateur l'Absolu", mais la sagesse d'Allah veut qu’on symbolise et matérialise sa joie ou son insatisfaction.

Les interdits, eux, n'ont été instauré que dans le but de préserver l'Homme. C’est dans cet optique que le bien-aimé, le Prophète, n'a cessé d’exhorter sa communauté aux biens utiles et mis en garde contre le néfaste. D’autre part, lorsqu'on étudie le droit islamique, on se rend compte que les interdits ne représentent qu'une infime partie et l'exception à la règle. En effet, la base de toute chose est le licite, l’interdit n’intervient qu’en cas d'exception. Afin d’illustrer nos propos, nous citons l’exemple des boissons rendues toutes licites à l’exception de l'alcool et ceci afin de préserver la raison. Il en est de même pour les viandes sauf celle du porc, etc. En dépit de ceci, certains ne mettent l’accent que sur ces exceptions au point d’en faire la règle générale. Le prophète dit: « Prenez garde, certains parmi vous ne font que faire fuir de la religion » (Muslim). Nous ajoutons un dernier élément important : rien de ce qui est utile aux Hommes n'a été proscrit et rien de nuisible n'a été prescrit. A présent, la beauté du verset 90 de la sourate 16 se dévoile lorsque notre Seigneur en résumant tous les actes de biens et tous les actes de mal en 6 points dit: " Certes, Allah ordonne l'équité la bienfaisance et l'assistance aux proches. Et il interdit la turpitude l'acte répréhensible et la rebellions. Il vous exhorte afin que vous vous souveniez." S.16 v.90

L'héritage de tous les Prophètes.
S’il y a une chose que l'on ne peut nier c'est que l'islam est la seule religion qui par ses sources coraniques et prophétiques défend un principe: mécroire à un seul messager c'est mécroire à tous, point de différence entre les messagers d’Allah. D'ailleurs beaucoup de sourates coraniques portent le nom de plusieurs prophètes ou même la marque de symbole de la chrétienté. Allah nous ordonne dans le Coran « Dites nous croyons en Allah et en ce qu’ il nous a été révélé et en ce qui a été révélé auparavant, nous croyons à ce qui a été révélé à Abraham, Ismaël, Isaaq, Jacob, leur descendant, ainsi que ce qui a été donné à Moise et Jésus et à tout les prophètes. Nous ne faisons aucunes différences entre eux et nous sommes soumis à Allah ». S.2 v.285

C'est donc avec fierté que l'Islam peut revendiquer l'héritage de tous les Prophètes monothéistes et nous ne retrouvons dans l'Islam que les vérités prêchées auparavant par les Prophètes. Allah dit : Il vous a légiféré en matière de religion ce qu'il avait enjoint à Nuh, ce que nous t'avons révélé ainsi que ce que nous avons enjoint à Abraham, Moise et Jésus en leur disant: « établissez la religion et n'en faites pas sujet de divisions ». S.42 v.13 Il nous semble important de réaffirmer ces valeurs religieuses, surtout à une époque où la religion, qui devrait unir, divise les Hommes. L’islam est la continuité du judaïsme et du christianisme. D’ailleurs lorsque les premiers musulmans ont fui la Mecque par ordre du Prophète Mohamed pour se rendre en Ethiopie où le roi et son peuple étaient chrétiens, notre Prophète leurs a dit : « Cherchez refuge auprès de négus d'Ethiopie c'est un roi juste et qui ne sait pas tolérer l'injustice sous son royaume. » (Ibn Hicham). Et, effectivement, le souverain chrétien après avoir entendu la lecture de la sourate Marie, et ce sans connaître l'islam a dit : « Je jure par l'Absolu que ces paroles que Mohamed a dit et celle que Jésus fils de marie a dit proviennent du même endroit ». Nous vous laissons méditer sur les versets 83 à 90 de la sourate An’am afin de réaliser par vous-même à quel point le Coran fait allusion aux autres messagers :
« Tel est l'argument que nous inspirâmes à Abraham face à son peuple. Nous élevons les rangs de qui nous voulons, ton Seigneur est sage et omniscient. Et Nous lui donnâmes pour enfants Isaac et Jacob, que Nous avons dirigés dans la bonne voie, comme Nous l'avions fait pour Noé auparavant. Et Nous lui donnâmes aussi, comme descendants, David, Salomon, Job, Joseph, Moïse et Aaron. C'est ainsi que Nous récompensons les hommes de bien. Il en fut de même Zacharie, de Jean Baptiste, de Jésus et d'Élie, qui étaient tous des hommes vertueux , ainsi que d'Ismaël, d'Élisée, de Jonas et de Loth, qui furent tous, par Nous, élevés au rang d'élus Notre faveur est allée également à une partie de leurs ascendants, de leurs descendants et de leurs proches, que Nous avons élus et guidés dans la bonne voie. Telle est la Voie du Seigneur, vers laquelle Il dirige qui Il veut parmi Ses serviteurs. Mais s'ils avaient donné des associés à Dieu, toutes leurs œuvres auraient été vaines. Voilà ceux auxquels Nous avons donné les Écritures, la Sagesse et la prophétie. Et si ceux qui t'entourent refusent d'y ajouter foi, du moins Nous en avons confié le dépôt à des gens qui ne les renieront pas. Voilà ceux qu'Allah a guidé. Inspire-toi de leur direction et dis : « je ne vous demande pas pour cela un salaire ce n'est qu'un rappel pour tous l'univers ». S.6 v.83-90

Et qu'Allah fasse miséricorde au grand mufti Mohammed Abdou lorsqu’ il dit avec sagesse : « Si le judaïsme est la vraie voie alors tant mieux pour nous car nous croyons à Moïse et, si c'est le christianisme tant mieux aussi pour nous car nous avons cru au messie Jésus fils de Marie ».

Les branches de la religion.
Comme nous l'avons expliqué précédemment l'Islam est une école où l'on enseigne tout simplement à vivre dans l'amour et à préparer l'au delà. Ainsi, il s'adresse aux Hommes selon leur niveau et leur entendement. Mais avant tout, l’islam trace à l’Homme la route vers Allah, une route jalonnée de 3 grandes étapes, qui marquent les différents degrés spirituels du culte à savoir : la soumission, la foi et l'excellence.
La soumission devant la grandeur du Seigneur tel le malade qui se soumet aux prescriptions du médecin en vue d'une thérapie dont l'issue finale est la béatitude. La soumission fait appel au corps, qui s'adonne aux rituels. Ceci étant dit, on peut s'adonner aux pratiques rituelles sans l’engagement du cœur mais sur la durée la lassitude prendra le dessus. De plus, sans le cœur on ne peut accéder au second niveau, qui consiste à sa soumission et définit la foi. Une foi caractérisée par un ensemble d'actes qui ne sont pas visible et dont personne ne peut témoigner à part le Seigneur, qui est le seul parfait connaisseur de ce que cachent les poitrines. Enfin l'excellence, stade de la réalisation spirituelle, celle qui consiste à vivre la présence du Seigneur comme si nous étions en face à Lui.


Ces trois degrés ont été évoqué dans un hadith rapporte par Boukhari et Muslim, dans lequel l'ange Gabriel, venu voir le Prophète, lui demande: « C'est quoi la soumission (al islam) ? » Et le Prophète lui dit: « c'est d'attester de l'unicité d'Allah et de la prophétie de Mohammed d'accomplir la prière et s'acquitter de la zakat de jeuner le mois de ramadan et d'accomplir le pèlerinage, si on n'en a les moyens ». Notons que toutes les réponses du Prophète sont relatives à tous ce qui est de l’ordre du visuel : les actes du corps. Puis l'ange Gabriel lui demande à nouveau : « c'est quoi la foi (al imane) ? ». Et le Prophète lui répond : « c'est croire en Allah au jour dernier, à ses anges, à ses livres et aux messagers et de croire à la destinée. » Ainsi on saisit davantage le caractère caché de certaines choses pour lesquelles il faudrait ouvrir les cœurs pour en vérifier l’exactitude, et pourtant indispensable. Et enfin Gabriel l’interroge l'excellence (al ihsan) et le Prophète répond : « c'est d'adorer Allah comme si tu le voyais et si tu n’y arrives pas de te dire que lui il te voit ». Chers lecteurs, chères lectrices, le corps se doit de servir Allah, le cœur de le désirer et l'âme de le contempler.

Quelques principes de l’islam.
Nous espérons par ces phrases éclairer nos lectrices et lecteurs sur quelques principes qui doivent accompagner le fidèle dans sa vie de tous les jours afin de lui garantir la constance dans le juste milieu.

•N’attendez pas d'être bien pour vous adonner au culte mais adonnez vous au culte pour être bien. (Sheikhe Ahmad M. Mbaye)

•Respectez la parole d’Allah : « à vous votre religion et à moi ma religion »

•Il n'existe aucun bien dans un rituel qui ne nous enseigne pas l'amour de l'autre alors au lieu d'enfoncer le pécheur dans son mal-être mieux vaut lui tendre la main. (Sheikhe Ahmad M. Mbaye)

•Rappelez-vous que « Allah aidera le serviteur tant que celui-ci sera solidaire avec ses prochains ». (Boukhari)

•Vous qui avez cru occupez-vous de vous-même et l'autre ne vous nuira en rien si vous êtes bien guidés. S.5 v.105

« Dis: voici ma voie, j'appelle vers Allah. Sur la clairvoyance, je me trouve moi et celui qui me suit. Et gloire à Allah. Je ne suis point parmi les polythéistes». S.12 v.108

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